0,5 mg/l. Ce chiffre, sec, marque une frontière invisible entre la croissance luxuriante et la stagnation végétale. Pourtant, les piscines familiales évoluent bien au-delà, affichant leurs 1 à 3 mg/l sans sourciller. Sur le terrain, la tolérance varie : quelques espèces encaissent, d’autres flanchent sans prévenir. Et quand la législation s’en mêle, le casse-tête se corse. Certaines communes ferment la porte à tout arrosage avec l’eau de piscine, d’autres l’acceptent sous conditions strictes. Impossible de s’abriter derrière une règle unique : chaque sol, chaque plante, chaque région impose ses nuances.
Chlore et jardin : ce qu’il faut savoir avant d’arroser avec l’eau de piscine
En période de sécheresse, l’idée d’utiliser l’eau de la piscine pour irriguer son jardin devient tentante, presque logique. Pourtant, la teneur en chlore impose de réfléchir. L’eau de baignade, conçue pour désinfecter, n’a rien à voir avec la pureté d’une pluie ou la douceur de l’eau courante. Sa composition, marquée par le chlore, menace les plantes les plus sensibles. Avant de transvaser, il y a quelques étapes à respecter.
Avant tout, consultez la réglementation de votre commune. Certaines villes l’interdisent purement, d’autres autorisent l’arrosage à condition que la concentration en chlore reste sous le seuil de 0,5 mg/l. Ce niveau protège la vie du sol et maintient les plantes à l’abri des effets indésirables. Pour éviter les mauvaises surprises, patientez quelques jours après un traitement : le chlore s’évapore vite, surtout sous le soleil.
| Type d’eau | Concentration en chlore (mg/l) | Usage recommandé pour l’arrosage |
|---|---|---|
| Eau de pluie | 0 | Idéal |
| Eau du robinet | 0,1 à 0,5 | Adapté dans la plupart des cas |
| Eau de piscine sans traitement récent | < 0,5 | Possible avec précaution |
| Eau de piscine traitée récemment | 1 à 3 | Déconseillé |
Si vous ne trouvez aucune alternative à l’eau de piscine, réservez-la aux zones robustes : pelouses établies, haies adultes. Les jeunes pousses et légumes n’y résisteront pas. Préférez toujours l’eau de pluie, ressource précieuse, pour garder vos parterres éclatants.
Quels effets le chlore a-t-il vraiment sur les plantes ?
Le chlore n’est pas un invité discret chez les végétaux. Dès qu’il dépasse la dose tolérée, les dégâts s’installent. Feuilles marquées, croissance perturbée : les signes ne tardent pas à apparaître.
Voici les symptômes typiques d’une exposition à un excès de chlore :
- Taches brunes sur les feuilles : elles signalent une brûlure chimique, souvent irréversible.
- Feuillage sec et cassant : la plante perd sa souplesse, sa vitalité s’effrite.
- Croissance freinée : les racines, fragilisées, absorbent moins de nutriments, les jeunes pousses stagnent.
Les racines, véritables pivots du système, sont en première ligne. Un sol trop chloré finit par s’appauvrir, la microfaune s’amenuise, la croissance ralentit. Certaines plantes s’en sortent, mais beaucoup de variétés ornementales ou potagères montrent une réaction négative, même à des doses modestes.
L’eau du robinet contient parfois un peu de chlore, mais dans des proportions que la plupart des végétaux supportent. L’eau de piscine, avec ses taux bien supérieurs, attaque la structure cellulaire et perturbe le métabolisme des plantes. À la longue, ce type d’arrosage use le substrat, ralentit le développement et met en péril la floraison. Les feuilles pâlissent, les bourgeons restent fermés, les racines s’affaiblissent.
Quelle quantité de chlore est tolérée sans danger pour vos végétaux ?
La tolérance au chlore se mesure précisément. Jusqu’à 0,5 mg/litre, les plantes absorbent l’eau sans broncher. Ce niveau, correspondant à la qualité de l’eau potable, ne génère pas de problème connu. Au-dessus, les dégâts s’accumulent : croissance bloquée, feuilles tachées, sol perturbé.
L’eau du robinet, en respectant les seuils usuels, convient à la plupart des usages. Pour l’eau de piscine, soyez méthodique : mesurez la concentration de chlore avant chaque utilisation. Une eau traitée récemment affiche entre 1 et 3 mg/litre, bien au-delà du seuil de sécurité. Attendre plusieurs jours permet au chlore de s’évaporer et de ramener la teneur à un niveau compatible avec l’arrosage.
- Pour arroser sans risque, assurez-vous que la concentration en chlore reste sous les 0,5 mg/litre.
- Évitez toute irrigation juste après un ajout massif de chlore ou lorsque l’odeur est encore prononcée.
Les règles locales peuvent interdire l’arrosage avec l’eau de piscine. Renseignez-vous avant d’agir. Chaque jardin réagit différemment, mais l’expérience montre qu’une eau très peu chlorée reste le meilleur choix pour conserver un extérieur en pleine forme.
Des alternatives simples pour économiser l’eau sans risquer la santé de votre jardin
Tournez-vous vers l’eau de pluie. Facile à récupérer, sans chlore, elle convient à tous les usages, du potager aux plates-bandes. Installer une cuve sous la gouttière, c’est se donner le moyen d’arroser sans arrière-pensée, tout en respectant l’équilibre du sol.
Autre solution, la filtration domestique. Un filtre à charbon actif réduit efficacement le taux de chlore de l’eau du robinet. C’est particulièrement utile pour les jeunes plants ou les plantes en pot, souvent plus vulnérables. Pour ne pas se tromper, utilisez un testeur de chlore : l’outil vous dira si l’eau est adaptée, sans place pour l’approximation.
Voici un aperçu des solutions à votre portée :
- Eau de pluie : parfaite pour arroser au quotidien, sans contrainte.
- Eau filtrée : adaptée aux espèces les plus délicates ou à l’intérieur.
- Eau reposée : laissez l’eau du robinet s’aérer un à deux jours, le chlore s’évapore naturellement.
Pour ceux qui visent la performance, certains stimulants à base d’algues ou bio-stimulants renforcent les plantes face aux à-coups d’un arrosage imparfait. Les professionnels, parfois, utilisent du thiosulfate de sodium pour neutraliser le chlore dans l’eau de piscine recyclée. Il faut alors surveiller la conductivité de l’eau, afin de ne pas déséquilibrer l’écosystème du sol. Un jardin, ça se défend à chaque goutte.


